Observatoire du cloud
La stratégie nationale du cloud
La stratégie nationale du cloud, annoncée par le gouvernement en mai 2021, adresse trois enjeux : transformer les administrations, procéder à une consolidation industrielle et protéger les données.
Lien vers le communiqué de presse sur la stratégie nationale du cloud Ouvre une nouvelle fenêtreComment mesurer l'adoption du cloud ?
Le marché UGAP du Nuage public est un marché interministériel co-prescrit par la Direction des achats de l'Etat (DAE) et la Direction interministérielle du numérique (DINUM). Principal véhicule d'achat de cloud de commercial pour le secteur public, il permet d'apporter un point d’observation unique sur une part significative de la dépense publique de cloud computing pour éclairer les décisions.
Incomplétude de la mesure
La vision de l'adoption du cloud apportée par les montants commandés sur le marché UGAP demeure incomplète. Au bas de la page sont précisés les facteurs limitants pour l'interprétation de ces chiffres.
Précautions à prendre dans l'analyse
Le marché interministériel UGAP du Nuage public, co-prescrit par la DAE et la DINUM, permet de suivre les dépenses de services cloud. Or, d’autres marchés sont portés par d’autres centrales d’achat telles que RESAH (hôpitaux), SIPPEREC (collectivités IDF) ou CANUT (collectivités).
Certaines administrations passent par des marchés de prestation intellectuelle pour leur hébergement. Parfois, les prestataires de services achètent eux-mêmes les services cloud. Il n’existe aucune donnée sur cette dépense de cloud aux mains d’autres acteurs.
De même les dépenses de SaaS ou les marchés directs ne sont pas facilement identifiables.
La circulaire « cloud au centre » est une doctrine de transformation. Or, la mesure de l’évolution des pratiques liées au mode produit et à l’agilité ne sont pas accessibles en dehors de techniques d’enquête coûteuses, à appliquer sur un périmètre incertain et pour un bénéfice discutable. Si on s’attache aux indicateurs du mode produit, ils peuvent être quantitatifs mais contextuels (temps entre l’idéation et la mise à disposition des utilisateurs, durée des sprints) et en tout état de cause inaccessibles sinon par des moyens d’enquête. Les autres seront qualitatifs (maturité des équipes, conformité des pratiques aux références) et sont impossibles à réunir exhaustivement en temps réel.
S’il s’agit des systèmes d’information de l’État, il inclut l’ensemble des établissements sous sa tutelle, mais la liste n’est pas strictement définie. Ainsi, les établissements publics de santé sont concernés, tout comme les universités, mais leurs choix individuels en matière de numérique ne sont pas centralisés.
Il n’existe pas de mesure de l’intégralité des dépenses en infrastructure conventionnelle (serveurs, capacités de stockage). Il n’est donc pas possible en l’état de confirmer si la doctrine permet un réel déport des politiques d’investissement on-premise vers les dépenses de cloud.
En conclusion, le problème de la mesure empêche de se faire une idée du taux de pénétration de la doctrine cloud au sein des SI de l’État. Le rythme observé de plus d’un nouveau projet dans le cloud par jour peut être un résultat médiocre ou au contraire encourageant.